Il est né le lundi 27 avril 1891, à Nicolet au Québec. Issu d’une famille vivant de la terre, il a su s’en imprégner dès son plus jeune âge. Malgré l’opinion que l’on avait de l’art à cette époque, et surtout en milieu rural, les parents de Rodolphe l’ont poussé à exceller dans le domaine des arts. Peintre, dessinateur, graveur et illustrateur, il débute ses cours de beaux-arts au Monument National en février 1911 à Montréal.
Le 30 mai 1919, Rodolphe entre comme élève dans l’atelier de Suzor-Côté et y demeure jusqu'à son départ pour Paris. C’est Suzor Côté, ainsi que la famille de Rodolphe Duguay qui finança sa traversée en bateau vers l’Europe. Il s’inscrit à l'Académie Julian à Paris, le 14 octobre 1920. Il fréquente aussi les Académies Grande-Chaumière, Adler et chez Colarossi. Rodolphe voyage en Bretagne, en Normandie et parcourt l'Italie. Il obtient la première bourse attribuée à un peintre par le gouvernement du Québec en septembre 1924. C’est en Europe que Rodolphe se familiarisa avec la gravure, il commença par la gravure sur cuivre pour ensuite se tourner vers le bois, matière beaucoup moins coûteuse et plus accessible.
À son retour d'Europe en juin 1927, son père lui construit un atelier qu’il annexa à la maison familiale. C’est dans cet atelier, que l’on appelle l’Ermitage, que Rodolphe réalisa la plus grande partie de ses œuvres, tandis que sa femme écrivait à la mezzanine. Plus de 1 500 œuvres ont été répertoriées, comprenant : gravures, croquis, esquisses, huiles, pastels, acryliques, etc. Des œuvres illustrant le plus souvent les paysages nicolétains, des ciels majestueux qui parlaient d’eux-mêmes, il était vraiment le fils du ciel et de la terre, comme il le disait si bien.
Rodolphe Duguay est décédé à Nicolet le 25 août 1973, des suites d’une longue maladie. On peut voir ses oeuvres au Musée du Québec, au Musée des Beaux-Arts du Canada et au Musée Pierre-Boucher de Trois-Rivières. De plus, chaque année, différents tableaux, gravures, croquis de Rodolphe Duguay sont exposés dans l’atelier l’Ermitage. Plusieurs collectionneurs privés acceptent de nous prêter leurs œuvres, nous permettant ainsi d’avoir une plus grande diversité d’une année à l’autre.
Jeanne L’Archevêque étant une écrivaine et poète de l’époque, consacrait la majeure partie de son temps à l’écriture et à sa famille de 6 enfants, pendant que Rodolphe sillonnait les paysages nicolétains à la recherche d’inspiration. Reconnut dans le milieu artistique comme un des maîtres de la gravure au Canada, c’est en 1973 qu’il s’est vu mériter le titre honorifique de l’Ordre du Canada. Sa carrière artistique dura plus de 40 ans.